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La rivière Saint-Jacques, joyau de Brossard et de La Prairie

Alain Demers - collaboration spéciale
Un tronçon de 4 km de la rivière St-Jacques est accessible en canot et en kayak, de l’embouchure jusqu’à l’est de l’autoroute 30. Passant sous le boulevard Taschereau à Brossard, la rivière Saint-Jacques abrite tortues, hérons et canards. Avec son parcours accessible en canot et en kayak jusqu’à l’est de l’autoroute 30, elle pourrait former avec les boisés voisins un parc plus grand que le parc national du Mont-Saint- Bruno! Depuis une dizaine d’années, le Comité zone d’intervention prioritaire (ZIP) Ville-Marie pilote le projet du parc régional de la rivière Saint-Jacques, ce cours d’eau délimitant les villes de Brossard et de La Prairie. Au début, les autorités municipales ne semblaient pas prêtes à prendre des mesures concrètes de protection du milieu naturel. La situation tend à changer. Ainsi, en décembre dernier, la Ville de Brossard a fait l’acquisition de terrains riverains sur une largeur de 50 mètres, entre le parc Radisson et le boulevard Taschereau, pour un million $. |
La rivière Saint-Jacques |
À PROTÉGER Il y a encore beaucoup d’étapes à franchir pour en arriver à créer un parc régional. Le territoire ayant longtemps été à vocation agricole n’est déjà pas tellement vert car dépouillé d’arbres sur la majeure partie de sa superficie. De plus, on assiste à un développement résidentiel majeur. Sauvegarder un site naturel n’est certes pas superflu. La rivière Saint-Jacques, un tributaire du Saint-Laurent d’une longueur de 25 km, est l’un des derniers cours d’eau naturels du Grand Montréal. Il y a donc urgence de la protéger. Lors d’une balade en canot ou en kayak, on est à même d’en constater l’étonnante richesse. La faune abonde. Pour faire un safari-éclair sur la rivière, on peut d’ailleurs louer une petite embarcation au parc Radisson. PARC EN DEVENIR Entre le parc Radisson, près de l’embouchure de la rivière, et le boulevard Taschereau, la bande de terrain acquise par la Ville de Brossard, d’une superficie de 9830 mètres carrés, permet de protéger un espace riverain. Pour la création du parc régional, la Zip Ville-Marie consacre présentement ses efforts dans la partie située entre le boulevard Taschereau et l’autoroute 30. On y retrouve des terres publiques dont les transferts de propriété aux villes restent à compléter. À long terme, le projet vise à inclure le Boisé de Brossard et le Boisé de la Commune à La Prairie. Le premier est constitué en bonne partie de terrains privés alors que le second l’est entièrement. L’acquisition par les villes et par les gouvernements étant considérée hors de prix, la Zip Ville-Marie devra éventuellement négocier des ententes de conservation à long terme puis des droits de passage, entre autres pour des sentiers. Il y a encore beaucoup d’inconnus, mais il y a de l’espoir, surtout si des citoyens se regroupent et se manifestent publiquement. De plus en plus de territoires naturels sont ainsi sauvegardés. Voir l'article |
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À EXPLORER
Du kayak à Brossard

Alain Demers - collaboration spéciale
Ce n'est pas une mauvaise blague: on peut vraiment faire du kayak à Brossard, plus précisément dans la rivière Saint-Jacques, qui fait office de frontière avec La Prairie. Mieux encore, rares sont les endroits où, en seulement une heure ou deux, on a autant de chances de côtoyer la faune.
Lors d'une seule sortie, j'y ai observé une colonie d'hirondelles sous le pont du boulevard Taschereau ainsi que des canards colverts, un héron, des tortues peintes et un rat musqué. En pagayant vers l'autoroute 30, les rives sont boisées, ce qui contraste vivement avec les condos que l'on voit au début du parcours. Au parc Radisson, Envirokayak loue des kayaks de mer et donne des cours les dimanches et les mardis jusqu'au 1er septembre. www.envirokayak.com |
Safari en kayak à Brossard

Alain Demers - collaboration spéciale
Si vous voulez voir des animaux sauvages dans leur habitat naturel, où iriez-vous entre ces deux endroits: au parc national du Mont-Orford ou au parc Radisson, à Brossard? Vous avez dit Orford? Eh bien non, c’est à Brossard qu’il faut aller! Voici pourquoi. Plus de faune qu’à Orford! La semaine dernière, je vous ai parlé de ma balade au parc national du Mont-Orford. Vous vous rappelez? Je suis allé faire un tour de canot sur l’étang aux Cerises, mais je n’ai rien vu. Pas de tortues. Pas de grenouilles. Rien. Cet endroit, faut-il le souligner, est le lieu central des activités d’interprétation avec les naturalistes. Comble d’ironie, l’étang aux Cerises est en réalité un lac artificiel, créé par un barrage. Avouez que ça détonne un peu avec cette insistance à protéger la biodiversité du parc national, maintes fois soulevée dans la fameuse controverse. Ce qui détonne encore plus, c’est ma balade en kayak quelques jours après sur la rivière Saint-Jacques, faisant office de frontière entre Brossard et La Prairie. Canards, hérons, tortues, c’est incroyable, tout ce que j’ai vu, et ce, pas loin du boulevard Taschereau et des développements de condos! | ![]() |
En termes de biodiversité, on ne le dira jamais assez: la plaine du Saint-Laurent demeure exceptionnelle, et ce, malgré la proximité de la civilisation. Rivière Saint-Jacques. Pour aller sur la rivière, j’ai loué un kayak chez Enviro Kayak, au parc Radisson. Quelques coups de pagaie suffisent pour commencer notre safari d’observation de la faune. Sur les rives, la densité des roseaux forme un habitat propice et, du même coup, nous fait oublier la présence des habitations pas loin. Sous le pont du boulevard Taschereau, des dizaines d’hirondelles sont sorties de leur nid pour virevolter au-dessus de notre tête. C’était impressionnant. À peine passé le pont, cinq tortues peintes se faisaient chauffer au soleil sur des troncs d’arbre renversés. Nous avons gardé nos distances pour ne pas les effaroucher. Le trajet longe ensuite des rives boisées, des champs avec vue sur des condos, puis des chenaux dans une végétation aquatique dense. Ici et là, la faune se donne en spectacle: un héron qui s’envole, un canard colvert qui barbote, un rat musqué qui nage à la surface, un ouaouaron qui coasse... Parc en devenir? Pendant que je pagayais, je me disais qu’il faut absolument protéger la rivière du remblayage et du développement immobilier. C’est dans l’intérêt non seulement des citoyens de Brossard et de La Prairie, mais encore de tous les Québécois qui, souvent, ne se doutent même pas de la présence d’un tel habitat dans le Grand Montréal. Si l’opinion publique s’est vite manifestée pour la préservation intégrale des limites d’un parc national, pourquoi n’y aurait-il pas urgence de sauvegarder de petits sites naturels exceptionnels près des villes? N’est-ce pas aussi important? Nous avons déjà de bons exemples de réussite avec le parc de la Rivière-des-Mille-Îles, à Laval, et le refuge faunique Marguerite-d’Youville, à Châteauguay. D’ailleurs, depuis quelques années, on parle de la création du parc de la Rivière-Saint-Jacques. Espérons qu’il verra le jour. D’ici là, vous avez tout de même la chance d’y faire un safari en kayak ou en canot. Voir l'article |
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